jeudi 25 octobre 2018


Vittorio Veneto : 24 octobre – 3 novembre :

La victoire de l’Italie et de ses alliés précipite la fin
de l’empire austo-hongrois.



Après la déroute de Caporetto en novembre 1917, les armées italiennes, renforcées par des contingents français et anglais, s’étaient retranchées sur une ligne de défense en arrière du Piave, dont le pivot était le Monte Grappa  Les revers de l’été 1918 avaient contraint les allemands à retirer leur appui aux forces austro-hongroises sur le front italien. Le général Armando Diaz commandant l’armée italienne avait planifié l’offensive qui devait séparer les armées impériales de la plaine vénétienne de celles des Alpes à Vittorio Veneto, coupant la ligne de ravitaillement de celles-ci. L’offensive commença sur le secteur du Monte Grappa le 24 octobre, pour fixer les forces austro-hongroises, le franchissement du Piave en plaine étant  prévu le lendemain. Cependant les conditions climatiques et la crue du Piave retardèrent les préparatifs et notamment la construction des ponts de franchissement qui ne furent achevés que dans la nuit du 26 au 27 octobre. La XII° armée italienne, où étaient incorporées 5 divisions françaises était commandée par le général Jean-César Graziani et c’est le 107° régiment d’infanterie qui prit pied le premier sur la rive gauche du Piave à Pederobba, établissant une tête de pont, qui allait permettre à la XII° armée de franchir le fleuve, tandis que d’autres têtes de pont à l’Est permettaient le franchissement par la X° et le VIII° armées, qui allaient avancer vers Vittorio Veneto. Une ultime tentative de percée autrichienne sur le monte Grappa pour prendre à revers l’offensive italienne sur le Piave fut arrêtée par la résistance acharnée des unités italiennes de montagne au prix de lourdes pertes de chaque côté (l’ossuaire de Monte Grappa  recueille les restes des 12 000 soldats italiens et alliés et 10 000 soldats austro-hongrois qui trouvèrent la mort sur ce symbole de la résistance italienne).
La victoire italienne de Vittorio Veneto est l’ultime coup de masse qui entraîne l’effondrement d’un empire austro-hongrois qui craquait de toute part ; la Hongrie se sépare de l’Autriche le 31 octobre après que la Tchécoslovaquie, la Croatie avaient déclaré leur indépendance. L’armistice entérinant de fait la capitulation de l’Autriche est signé à la villa Giusti, près de Padoue, le 3 novembre.
L’Italie, qui n’était entrée en guerre qu’en mai 1915 aura perdu 650 000 soldats et sortira ruinée du conflit, sans obtenir au traité de Versailles  tous les territoires promis par la France et l’Angleterre.



vendredi 28 septembre 2018



28 septembre 1538. Barberousse disloque la première coalition navale chrétienne à Preveza.


 

Sous l’impulsion du Pape Paul III s’était formée une ligue conte l’expansion ottomane de Soliman le magnifique. Le plan d’intervention était une action combinée terrestre et maritime.  La supériorité maritime devait être acquise en ajoutant la flotte de Venise à la coalition formée des vaisseaux de l’Espagne et de Gênes (Andrea Doria avait rejoint le camp de Charles Quint), des galères papales et celles de l’ordre de Malte. Venise cherchait jusqu’alors à éviter un affrontement avec  les Turcs qui aurait nui à son commerce, mais à la suite d’un incident naval en Adriatique monté en épingle par Doria pour faire croire aux turcs que Venise s’alliait à lui, elle allait se voir menacée par Soliman et rejoindre la coalition en formation.
Le commandement de la flotte alliée était confié à Andrea Doria, alors que le capitan pacha (amiral en chef) ottoman était Khair ed Din Barberousse, secondé par Dragut.
La bataille allait se dérouler à Preveza, à la sortie du golfe Ambracique où, 15 siècles plus tôt la flotte d’Antoine et Cléopâtre avait été anéantie par celle d’Octave, à la bataille d’Actium.
Après l’échec d’une tentative isolée du commandant de la flotte papale, Grimani, de s’emparer du fort de Preveza commandant l’entrée de la baie, les turcs rassemblèrent toutes leurs forces dans la baie mais ils restaient en nette infériorité par rapport à la flotte chrétienne.
Cependant, les atermoiements de Doria face à une sortie de la flotte ottomane, puis sa retraite précipitée après qu’une saute de vent eut immobilisé temporairement ses gros vaisseaux furent à l’origine de la défaite où  les chrétiens perdirent une cinquantaine de navires et eurent environ 3 000 prisonniers ou tués, alors que les pertes de Barberousse furent évaluées à quelques centaines d’hommes et pas de navires.
Ce désastre inattendu, compte tenu de la supériorité numérique des alliés, mit fin aux projets de croisade et découragea pour longtemps toute alliance chrétienne, laissant le champ libre en méditerranée aux turcs et à leurs alliés barbaresques pendant 33 ans, jusqu’à Lépante.

jeudi 15 mars 2018


16 mars 1968 : le massacre de My Lai marque d’une tache indélébile l’armée américaine




En janvier 1968 l’offensive du Têt avait été un échec militaire relatif du Viet Cong  mais un choc psychologique majeur pour le commandement et l’opinion des USA. Dans les mois qui suivirent l’armée américaine et ses alliés sud Vietnamiens se lancèrent à la poursuite des assaillants repoussés des principales villes du Sud Vietnam où ils avaient lancé l’attaque surprise.
C’est dans ce contexte qu’une compagnie américaine, commandée par le lieutenant Willam Calley, fut déployée dans un secteur proche de la ligne de démarcation, croyant y trouver des combattants Viet Cong. En fait, ils ne trouvèrent à leur arrivée, que des civils, presque exclusivement des femmes, des enfants et des vieillards. Pendant une matinée, Calley et ses hommes incendièrent les maisons,  pourchassèrent et criblèrent de balles les malheureux villageois. Seule l’intervention d’un équipage d’hélicoptère, piloté par Hugh Thompson, permit de mettre fin à cette folie meurtrière et de sauver quelques femmes et enfants. Survolant le village, Thompson découvrit rapidement que les tirs ne visaient pas des combattants mais des civils et, voyant un groupe de soldats se diriger vers des femmes et des enfants réfugiés dans un fossé, posa son hélicoptère devant les GI’s  et donna l’ordre à son mitrailleur de tirer sur les soldats s’ils continuaient à avancer. Averti par Thompson, le commandement supervisant les opérations du secteur ordonna le repli des soldats sur le terrain, mais seuls une douzaine de femmes et d’enfant avaient pu être évacués en  hélicoptère et sauvés. Environ 500 victimes ont été recensées par la suite.
Ce crime de guerre ne fut révélé à l’opinion américaine que plusieurs mois plus tard et suscita dans le monde entier une vague d’indignation. Traduit devant un tribunal militaire, William Calley, soutenu par l’extrême droite américaine, fut condamné à 30 ans de prison, mais cette peine fut commuée par Nixon en résidence surveillée. Il exprima des regrets tardifs en 2005. Thompson fut décoré en catimini, pour « faits de guerre » sans plus de précision, l’armée américaine répugnant à revenir sur cet épisode tragique et déshonorant, qui marqua cependant un tournant décisif dans l’opinion américaine vers l’opposition à la guerre.

jeudi 1 mars 2018


3 mars 1918. Traité de Brest-Litovsk :

 La Russie se retire du conflit et laisse le champ libre à l’Ouest à l’Allemagne.



Après la révolution d’octobre, le nouveau pouvoir Russe est menacé de l’intérieur par la résistance d’une grande partie des cadres de l’armée tsaristes et ne peut plus faire face à la poussée allemande ; il demande un armistice fin novembre  1917. Les négociations commencées en décembre, vont aboutir à une paix séparée signée par Trotski avec les représentants de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. Les concessions territoriales imposées à la Russie sont énormes : elle perd la Pologne, l’Ukraine et la plupart des territoires Baltes. L’arrière-pensée de Lénine et Trotski est de récupérer ces territoires à la faveur d’une révolution prolétarienne en Allemagne. Cette révolution n’aura pas lieu mais l’effondrement militaire de l’Allemagne lui permettra en effet de les récupérer à la fin  de la guerre civile russe.
Dans l’immédiat, c’est l’équivalent de 40 divisions allemandes qui va pouvoir être reporté sur le front de l’ouest, permettant l’ultime coup de boutoir allemand du printemps 2018, qui va faire vaciller la résistance alliée et  ramener la ligne de front à  la Marne, à 70 km de Paris. Cependant, la montée en puissance des soldats et de la logistique de l’Amérique et la coordination des alliés sous le commandement unique de Foch vont permettre de contenir ce furieux assaut puis d’organiser la contre offensive victorieuse de juillet qui va ramener les Allemands à leur position initiale et les contraindre à la défensive jusqu’à leur défaite finale.

mardi 23 janvier 2018


26 janvier 1788 : la « First Fleet » fait de l’Australie une colonie anglaise



L’île-continent Australie était connue des explorateurs Hollandais, Portugais, Français et Anglais depuis le XV° siècle mais c’est James Cook qui la cartographia précisément et la déclara possession anglaise sous le vocable de « Nouvelle-Galles-du-Sud » en 1770.
L’Angleterre, chassée de ses colonies américaines en 1776, cherchait à reprendre son expansion coloniale ; elle renouvela sa politique d’exportation de ses indésirables en expédiant dans ces nouveaux territoires des prisonniers de droit commun, des prostituées et des républicains irlandais.
La flotte transportant les prisonniers et leur encadrement atteignit la baie de Port Jackson -futur Sydney- le 26 janvier 1788. Malgré une forte mortalité dans les premières années, la colonie allait se développer régulièrement avec l’arrivée de nouveaux proscrits et de colons volontaires. La faible population d’aborigènes allait être refoulée vers l’ouest tout en étant décimée par diverses épidémies de maladies apportées par les colons pour lesquelles elles n’avaient aucune immunité, notamment la variole et la rougeole. Quelques révoltes sporadiques et fragmentaires furent rapidement écrasées par les nouveaux occupants. Progressivement la colonie pénitentiaire fut diluée dans le processus de peuplement civil, qui dissémina dans l’ensemble du continent.

L’Australie acquit son indépendance le 1° janvier 1901 mais conserva, avec le statut de « dominion », des liens étroits avec le Royaume-Uni, en participant notamment au prix de grands sacrifices de ses soldats, à la première guerre mondiale. Sa totale indépendance fut acquise en 1942, mais la fête nationale « Australia day » reste le débarquement de la « First Fleet »

mercredi 10 janvier 2018

14 janvier 1858 : l’attentat d’Orsini manque sa cible immédiate mais déclenche le processus de l’unité Italienne.
 

Felice Orsini, fils d’un carbonaro ancien officier de la Grande Armée,  avait adhéré en 1838, à 18 ans, à « Giovine Italia », le mouvement Républicain unitaire de Giuseppe Mazzini.  Avec celui-ci, dont il était devenu un des principaux lieutenants, il participa à la première insurrection d’indépendance en 1848 et combattit aux côtés de Garibaldi en 1849 les troupes françaises envoyées à Rome pour rétablir le pouvoir temporel du Pape. Après la fin de l’éphémère République Romaine, il s’installa à Nice d’où il échafauda  divers projets insurrectionnels, d’abord en liaison avec Mazzini, puis pour son propre compte quand Mazzini, conscient de l’inanité de ses projets, prit ses distances avec lui. Arrêté en Hongrie en 1854  lors d’une de ses tentatives contre l’empire Autrichien, il fut emprisonné à la forteresse de Mantoue, d’où il s’évada en  1856. Installé à Londres, il allait dorénavant se consacrer à un nouveau projet : déclencher une révolution populaire en France en assassinant Napoléon III, tenu pour responsable de l’échec de la République Romaine, ce qui devait selon lui amener au pouvoir des républicains français qui feraient cause commune avec les républicains italiens.

L’attentat, qu’il avait minutieusement préparé avec 3 complices, eut lieu devant l’Opéra, alors situé rue Le Peletier, le 14 janvier à 20 h 30, à l’arrivée du carrosse impérial. Trois bombes explosèrent, sous l’escadron d’escorte, sous l’attelage et sous le carrosse lui-même, qui avait été cependant renforcé de plaques d’acier, ce qui sauva l’Empereur et l’Impératrice. Le bilan fut effroyable (12 morts et 156 blessés). Les conjurés furent rapidement arrêtés, condamnés à mort et exécutés le 13 mars 1858. Cependant, avant sa mort Orsini avait écrit à Napoléon III une lettre l’adjurant d’aider l’Italie à conquérir son indépendance, en lui rappelant les liens étroits de l’Italie et de la France et l’espoir qu’avaient mis les Italiens dans les idéaux républicains propagés par les armées du Directoire et de l’Empire. Profondément troublé par ces arguments, Napoléon III rencontra secrètement Cavour et convint avec lui d’une assistance militaire en cas de nouvelle guerre avec l’Autriche. Celle-ci, habilement provoquée par Cavour, aboutit, après Magenta et Solferino, à la paix de Zurich, rattachant la Lombardie au Royaume de Victor Emmanuel II, première étape de l’unification italienne.   

samedi 6 janvier 2018



7 janvier 1558 : François de Guise reprend Calais aux Anglais



Calais était tombée aux mains des Anglais après un siège de près d’un an en août 1347, concluant la chevauchée d’Edouard III, victorieux à Crécy un an plus tôt. Cette tête de pont allait permettre aux Anglais de débarquer à leur guise en France pour toutes leurs expéditions de conquête au cours de ce qui va devenir la guerre de Cent Ans. Après la fin de celle-ci, la préoccupation dominante des rois de France sera d’abord la lutte contre le duché de Bourgogne, puis la conquête de l’Italie et ils négligeront de fermer cette plaie béante au flanc du royaume. Après le désastre de Saint-Quentin face aux Espagnols de Philippe II, la France était en grand danger d’invasion par les Espagnols auxquels allaient se joindre les Anglais (Mary Tudor - « bloody Mary » - était devenue reine consort d’Espagne par son mariage avec Philippe II en 1554). Le roi Henri II rappela en urgence l’armée confiée à François de Guise à destination de l’Italie et l’envoya  à la frontière Nord colmater la brèche.
La  place forte de Calais, assoupie dans le statu quo depuis deux siècles ne s’attendait pas à ce sursaut français et, rapidement investie, n’opposa qu’une faible résistance aux assauts de l'armée du duc de Guise. En une semaine la place était privée de ses principaux points d’appui et canonnée depuis les forts conquis, ce qui rendait vaine toute résistance et elle capitula dans la nuit du 7 janvier.

Les anglais médusés ne purent que se lamenter de la perte de leur enclave continentale et l’Espagne fut privée de la porte d’entrée des renforts Anglais, ce qui permit à Henri II de conclure la paix à moindre frais en avril 1559 par le traité de Cateau-Cambrésis qui mit fin à un siècle de velléités françaises de conquête en Italie. 

mercredi 20 décembre 2017

23 décembre 1847 Abdelkader dépose les armes



En 1830, la France avait envahi l’Algérie, supplantant la domination établie depuis 16° siècle par l’empire Ottoman. Elle allait se heurter à la résistance des tribus arabes, fédérées  à l’Ouest par l’émir Abdelkader qui allait infliger plusieurs revers au corps expéditionnaire avant de conclure un premier accord de paix en 1834, presque aussitôt rompu,  puis  un traité de paix en 1837 rompu deux ans plus tard après une incursion française dans la zone sur laquelle le traité lui accordait la souveraineté.
Pendant 8 ans Abdelkader, insaisissable, allait mener une  guérilla contre les troupes françaises mais la politique de terre brûlée mise en place par Bugeaud et l’impitoyable répression des tribus et villages qui soutenaient l’émir allaient peu à peu restreindre ses possibilités d’action ; lorsque l’armée du  Maroc qui le soutenait et lui fournissait un terrain de repli, fut vaincue à la bataille d’Isly, il fut contraint d’abandonner le combat, qu’il avait mené avec un esprit chevaleresque que tous ses adversaires reconnurent.
Les termes de sa reddition stipulaient qu’il serait libre de se retirer en Égypte ou en Palestine, mais cette promesse ne fut pas tenue et Abdelkader et sa suite furent placés en résidence surveillée à Toulon puis Pau et enfin  Amboise. Cette captivité déloyale allait susciter un mouvement en sa faveur en France, mais aussi à l’étranger et en 1852 Napoléon III lui rendit sa liberté avec une confortable pension.
Abdelkader s’installa à Damas avec ses fidèles où il se consacra à l’étude des textes coraniques dont il professait une  interprétation humaniste, inspirée par le Soufisme. En 1860, lors du déchaînement d’émeutes anti-chrétiennes  à Damas, il intervint avec une poignée de ses compagnons et vint s’interposer entre les musulmans fanatisés et la population chrétienne, sauvant ainsi des milliers de vies, ce qui lui valut l’admiration et la reconnaissance internationales. En 1870 il envoya un refus cinglant et méprisant  à Bismarck qui lui proposait de rallumer la guerre contre les Français en Algérie.

Un paquebot de la Compagnie transatlantique, plusieurs places en France et de nombreuses statues dans le monde ont commémoré  le redoutable combattant, le sage musulman et l’homme d’honneur que fut ce grand ennemi puis ce grand ami de la France.

lundi 11 décembre 2017

13 décembre 1937 : massacre de Nankin


L'armée japonaise inaugure une longue série de crimes contre l’humanité.



Le Japon lance en juillet 1937 l’attaque contre la Chine, pour se créer un « hinterland » de matières premières nécessaire à ses visées hégémoniques en extrême-orient. L'offensive débute à Shangaï en août mais va se heurter à une résistance inattendue de l’armée chinoise, pourtant mal équipée et dépourvue d’aviation et d’artillerie lourde, et la bataille va durer 3 mois. Poursuivant leur offensive le long du fleuve Yang-Tsé, les troupes japonaises arrivent début décembre devant Nankin où la garnison chinoise est désorganisée et incapable d’organiser la défense. La ville tombe rapidement alors que des dizaines de milliers de soldats chinois désarmés sont abattus durant leur fuite. Les Japonais envahissent Nankin le 13 décembre, avec la consigne de capturer et d’exécuter tous les soldats chinois qui se sont fondus dans la population. Ils vont ainsi rafler des dizaines de milliers d’hommes jeunes et les exécuter en masse. Certains serviront à des concours de décapitation au sabre dont les officiers japonais se glorifient. Le déchaînement de la soldatesque, toléré, sinon encouragé par le commandement va simultanément se transformer en frénésie de prédation de toutes les femmes, y compris adolescentes et petites filles, qu’ils pourront capturer, victimes de viols collectifs et souvent massacrées ensuite avec des actes de barbarie insoutenables. Ce massacre et ces atrocités vont durer plus d’un mois et faire, selon les sources entre 100 000 et 300 000 morts.Seul un îlot de relative sécurité sera préservé grâce à des missionnaires et résidents étrangers sous la direction de l’allemand John Rabe (« le Schindler de la Chine ») qui vont ainsi sauver des dizaines de milliers d’habitants.Les Japonais réitéreront ces crimes de guerre dans plusieurs pays au cours de la guerre, notamment à Singapour et à Manille, puis en Indochine. Ils s’illustreront également par les tortures et expérimentations « médicales » sur les prisonniers civils et militaires (des pilotes américains capturés seront disséqués vivants) et la pratique généralisée d’enlèvement de femmes des territoires occupés pour servir d’esclaves sexuelles à leurs troupes.Certains chefs militaires jugés à Tokyo par un tribunal international après guerre furent reconnus coupables et condamnés à mort, dont le général Matsui, qui commandait à Nankin et le général Yamashita pour les massacres de Singapour et Manille.

dimanche 3 décembre 2017


6 décembre 1917 : Halifax dévastée par une monstrueuse explosion.


En 1917, le port canadien de Halifax, en Nouvelle-Angleterre, est un point de rassemblement des transports de troupes et de matériel des alliés. Le  cargo français Mont‑Blanc chargé de munitions et d’explosifs entre dans le port au matin, alors qu’un cargo norvégien, le Imo sort par le chenal normalement réservé aux navires entrants. La collision entre les deux navires déclenche un incendie sur le Mont‑Blanc et l’équipage, craignant une explosion immédiate, abandonne le navire. Pendant environ 20 minutes le cargo en feu dérive et vient finalement  buter sur un quai. La collision et le feu ont attiré une grande foule de curieux et les cris d’alarme des marins du Mont‑Blanc se perdent dans le vacarme. À 9 h 04, la cargaison explose dans la plus puissante déflagration d’origine humaine avant la bombe atomique, estimée à près de 3 kilotonnes d’équivalent TNT. La boule de feu puis l’onde de choc vont faire près de 2 000 morts et 9 000 blessés et souffler les habitations dans un rayon de deux kilomètres. Alors que les équipes de secours luttent pour venir en aide aux blessés, plusieurs milliers d’habitants se retrouvent sans abri dans l’hiver canadien, alors qu’un blizzard survient le lendemain.

Cette catastrophe sans précédent suscite immédiatement un immense mouvement national et international de secours et de soutien, notamment dans la ville de Boston qui fait partir un train chargé de matériel quelques heures seulement après l’explosion.

dimanche 19 novembre 2017


23 novembre 1407 :  l’assassinat de Louis d’Orléans 

déclenche la guerre civile entre Armagnacs et  Bourguignons qui va transitoirement permettre aux Anglais de s'emparer du Royaume de France.




Charles V et ses fidèles soldats, Duguesclin et Clisson, avaient relevé le Royaume de France face aux Anglais mais à la mort de Charles V, le dauphin Charles VI n’avait que 12 ans et des oncles se partagèrent le pouvoir en dilapidant le trésor royal. Peu après sa majorité Charles VI manifesta les premiers signes de folie et se trouva rapidement sous l’emprise de ses oncles et notamment du puissant duc de Bourgogne. A la mort de celui-ci, le frère du roi, Louis d’Orléans parvint à évincer les partisans du nouveau duc de Bourgogne, Jean sans Peur, du conseil royal. Celui-ci décida alors de se débarrasser de Louis d’Orléans. Au soir du 23 novembre, Louis d’Orléans fut attiré dans un guet-apens et massacré par une troupe d’hommes de mains stipendiés par Jean sans Peur. Celui-ci ne chercha même pas à nier sa culpabilité, conscient de sa force et de la faveur qu’avaient les bourguignons parmi la population de Paris. Valentine Visconti, la malheureuse épouse du duc d’Orléans, cousine par sa mère de son mari et de Charles VI, tenta vainement d’obtenir justice auprès de celui-ci. Le fils du duc assassiné, Charles d’Orléans, et ses alliés Armagnacs (il avait épousé Bonne d’Armagnac), Berry et Anjou  rallièrent la cause du dauphin, futur Charles VII et ouvrirent la lutte contre les Bourguignons. Le royaume déchiré par cette guerre civile allait connaître à Azincourt un effroyable  désastre militaire. Une tentative de réconciliation entre les deux partis se solda par le meurtre de Jean sans Peur sur le pont de Montereau en 1419, ce qui amena son fils à conclure une alliance avec l’Anglais qui contraignit le roi fou, par le traité de Troyes à déshériter le dauphin au profit du roi d’Angleterre Henry V. C’est  encore un Bourguignon qui captura Jeanne d’Arc devant Compiègne et la vendit aux Anglais.                

dimanche 15 octobre 2017


18 octobre 1797 : Traité de Campo-Formio.

Fin de l’Histoire pour la Sérénissime République de Venise



La première campagne d’Italie s’était achevée par les victoires successives de Bonaparte sur les armées autrichiennes à Lodi, Arcole et Rivoli. Les préliminaires de paix de Leoben avaient tracé les grandes lignes du traité qui devait faire éclater la première coalition en concluant une paix séparée avec l’Autriche. Les troupes françaises s’étaient emparées de Venise en mai, en représailles du massacre des soldats français lors des « Pâques Véronaises ». En échange des possessions autrichiennes de la rive gauche du Rhin, Bonaparte livre à l’Autriche les territoires de Venise. C’est la fin de 800 ans de rayonnement de la Sérénissime, dernière cité-état d’Italie. En 1805 la France « reprendra » Venise à l’Autriche, qui la « récupérera » lorsque le traité de Vienne essaiera de restaurer l’ordre ancien dans la péninsule. Cependant ces bouleversements successifs portaient en germe le Risorgimento, en persuadant les Italiens que leur salut contre ces dominations étrangères successives ne pourrait  venir que de l’unité, qui sera obtenue après 50 ans de luttes en 1870, avec l’aide décisive de la France de Napoléon III. 

mardi 19 septembre 2017



20 septembre 1917 : Paschendaele

2° bataille des Flandres : la boue et l’ypérite





Le commandement anglais, avec sous ses ordres des contingents canadiens, australiens et néo-zélandais décide en 1917 de percer le front de Flandre pour occuper les ports où sont basés les sous-marins qui font des ravages sur les transports de troupes et de matériel. En outre cette attaque devait soulager l’armée française durement éprouvée par l’offensive de la Somme et en proie aux mutineries. Forts de l’exemple donné par les canadiens à Vimy, les Anglais du général Douglas Haig avaient minutieusement préparé l’offensive  qui débuta en juillet, espérant profiter des quelques semaines sans pluie de l’été. Malheureusement la pluie déjoua les prévisions et vint contrarier l’offensive qui s’enlisa rapidement et dut être stoppée après une courte avancée. Haig décida de renouveler la tentative après reconstitution du potentiel offensif ; le 20 septembre 4 divisions s’élancent à l’assaut mais la pluie tombe sans discontinuer et transforme la ligne de front en bourbier où les fantassins lourdement équipés s’enfoncent profondément ou sont engloutis par les cratères d’obus remplis d’eau boueuse qui se transforment en pièges mortels. Le calvaire des assaillants va connaître un sommet quand les Allemands vont employer pour la première fois devant Ypres le gaz moutarde, qui prendra ainsi le nom d’ypérite. C’est un gaz vésicant, s’infiltrant à travers les équipements de protection et attaquant la peau les muqueuses et les yeux, infligeant aux victimes aveuglées des souffrances effroyables. Malgré tout les alliés réussirent à progresser vers les hauteurs  surplombant Ypres qui furent enfin conquises après une dernière offensive menée par les Canadiens en novembre. Ce maigre gain de terrain, n’ayant réussi qu’à réduire le saillant d’Ypres aura coûté aux Alliés 265 000 hommes presque tous Anglais dont 40 000 disparus, engloutis dans la boue. Ce cauchemar atroce hantera pendant plusieurs générations la mémoire collective britannique.

dimanche 18 juin 2017

21 juin -217 : Hannibal prend Flaminius dans la souricière du lac Trasimène



Hannibal, parti de la péninsule Ibérique, avait réussi l’exploit de franchir les Alpes. Malgré les pertes et la fatigue de ses troupes, il battit dans la foulée à la bataille de la Trébie, en décembre -218, l’armée romaine envoyée pour le stopper. Après avoir reconstitué ses forces en recrutant des gaulois cisalpins, il reprit à la fin du printemps sa marche vers Rome.
Le consul Caius Flaminius, tribun de la plèbe plus connu pour son impétuosité que pour ses compétences tactiques, avait été mis à la tête de la principale armée romaine pour l’intercepter. Hannibal le devança en pénétrant en Étrurie (l’actuelle Toscane) par une manœuvre de contournement. Flaminius, sans attendre la deuxième armée romaine qui devait le rejoindre,  se lança à sa poursuite. Hannibal l’avait prévu et organisa une embuscade sur la rive Nord du  Lac Trasimène (sur la route qui relie actuellement Sienne à Pérouse). Dissimulant la plus grande partie de ses troupes sur les collines qui surplombent le passage, il attendit que Flaminius, qui avait négligé d’envoyer des éclaireurs, engageât son armée le long du lac. Dans la brume matinale du lac, les soldats d’Hannibal, embusqués sur les pentes étaient invisibles depuis la vallée. Au signal ils fondirent  sur les légions romaines en ordre de marche, qui ne purent prendre leur dispositif de combat, se débandèrent et furent anéanties au cours de l’assaut ou noyées en se jetant dans le lac ; tous les survivants furent capturés. Flaminius fut décapité par un guerrier gaulois dont il avait exterminé le peuple quelques années plus tôt.

Cette deuxième défaite sema la consternation à Rome mais Hannibal ne disposait pas des renforts et machines de siège nécessaires pour prendre Rome. Malgré une 3° victoire encore plus éclatante un an plus tard à Cannes, il ne put jamais faire plier les Romains.

jeudi 6 avril 2017

Pâques 1917 : Du sacrifice de 3 600 soldats à Vimy naît la nation canadienne


Le 9 avril 1917, à 5 h 30, 4 divisions canadiennes s’élancent à l’assaut de la crête de Vimy,
transformée par les Allemands en muraille bétonnée, hérissée de mitrailleuses, derrière laquelle ils exploitent les mines de charbon de Lens et d’où ils surveillent tous les mouvements de troupes des Anglais, qui tiennent la partie occidentale du front allié. Avant les Canadiens les Anglais et les Français avaient vainement essayé de déloger les Allemands au prix de pertes effroyables (150 000 hommes, dont 60 000 tués et disparus en 3 ans). Cette fois cependant les chefs ont changé. Le général anglais Byng a pris le commandement du contingent canadien, secondé par le général canadien Currie. Ils ont analysé méthodiquement les causes des échecs et des pertes massives des offensives sur la Somme mais aussi à Verdun. Ils vont donc monter une attaque corrigeant toutes les erreurs des assauts précédents.  La préparation d’artillerie prolongée va détruire tout ce qui peut l’être des défenses et lignes d’approvisionnement allemandes. Les contre-batteries d’artillerie utilisent de nouvelles techniques qui permettront de neutraliser la quasi-totalité des batteries allemandes dès qu’elles riposteront. Pendant des semaines, les troupes canadiennes, du simple soldat au plus gradé des unités d’assaut  vont étudier le terrain et reconnaître leur objectif. Elles seront amenées par des tunnels au plus près des positions allemandes et protégées au moment de l’assaut par un feu roulant d’artillerie: toutes les 3 minutes les batteries alliées tirent 100 m en avant de la première ligne, ce qui permet aux soldats de progresser avant que les Allemands, abrités dans des galeries à 10 mètres sous terre puissent reprendre leur position de combat. Afin de profiter de ce temps de réaction les artilleurs et mitrailleurs canadiens participant à l’assaut ont été formés sur le matériel allemand et ils le retournent contre  les soldats allemands qui sont abattus dès qu’ils émergent de leurs abris.  Cette préparation méticuleuse va porter ses fruits : à 12 h 30, les Canadiens ont atteint le sommet de la Crête et les derniers îlots de résistance allemands tomberont le soir même. Les Canadiens ont perdus 10 000 hommes dont 3 600 tués mais ont fait basculer le sort de la guerre en démontrant l’efficacité de la guerre de mobilité intelligente au lieu de la guerre d’usure qui saignait à blanc les troupes lancées dans les offensives aveugles précédentes.

Ce cuisant revers va ébranler le commandement allemand qui interdira dorénavant  les abris souterrains de plus de deux mètres de profondeur en première ligne, démoralisant les troupes habituées à cette sécurité qui vont désormais connaître de lourdes pertes lors des préparations d’artillerie.
Au Canada, ce succès éclatant va contribuer à la prise de conscience nationale. Julian Byng, anobli en « baron Bing de Vimy » sera gouverneur général du Canada de 1921 à 1926.  Le Canada acquiert sa souveraineté en 1931.

dimanche 3 juillet 2016


4 juillet 1776 : Déclaration unanime d’Indépendance des treize États-Unis d’Amérique



L’Angleterre avait été apparemment victorieuse à l’issue de la guerre de 7 ans, qui lui avait permis d’évincer la France de ses colonies, notamment en Amérique, mais elle en était sortie ruinée et avait décidé de se « payer sur la bête » en majorant les taxes  imposées à sa colonie américaine.
Ce regain brutal d’oppression fiscale, alors que les américains avaient été d’efficaces alliés dans la guerre avec la France (George Washington notamment s’était illustré lors de l’attaque sur Fort Duquesne), s’ajoutant aux multiples vexations que faisait subir l’Angleterre à ses citoyens américains, déclencha la rébellion en 1775. George Washington constitua une armée qui connut d’emblée quelques succès contre les troupes anglaises dispersées (notamment à Lexington en avril). Parallèlement les 13 états firent leur union politique et se réunirent en congrès à Philadelphie et élaborèrent la déclaration d’Indépendance, signée le 4 juillet : c’était la guerre ! Elle allait durer 7 ans et, grâce à l’aide décisive de la France, aboutir à la défaite de l’Angleterre, qui fut contrainte de reconnaître l’indépendance des États-Unis d’Amérique au traité de Paris le 3 septembre 1783.


7 juin 1916 : le fort de Vaux tombe après une défense héroïque



Fin mai 1916, la poussée offensive allemande est à son paroxysme pour tenter d’en finir avec la résistance française en faisant sauter les derniers verrous devant Verdun. Le fort de Vaux est maintenant en première ligne après la prise sans combat du fort de Douaumont par les allemands dès le début de l’offensive. Dégarni de son artillerie, il est défendu par une compagnie d’infanterie, une compagnie de mitrailleuses et un détachement du génie. Le Commandant Raynal, déjà deux fois grièvement blessé en 1914 et 1915, convalescent,  partiellement invalide, s’est porté volontaire pour un commandement de place forte et a pris le commandement du fort le 24 mai. Le fort, bombardé sans répit depuis début mars par des pièces lourdes allemandes, à raison de plusieurs milliers d’impacts par jour a subi de gros dégâts, mais ses installations souterraines sont intactes. Une division allemande s’élance à l’assaut après une colossale préparation d’artillerie. Pendant 6 jours des combats acharnés vont se dérouler dans les galeries du fort où les français ont dressé des chicanes de sacs de sables. Les allemands utilisent les lance-flammes et les gaz de combat sans parvenir à faire céder la résistance de la garnison. C’est la soif qui amènera les français à l’épuisement. La citerne souterraine a été fissurée par les ondes de choc des énormes obus de préparation et elle s’est vidée.  L’eau vient rapidement à manquer et la déshydratation, dans ces conditions effroyables, rend impossible la poursuite du combat. Le 7 juin au matin, le Commandant Raynal se résigne à la reddition et les restes des défenseurs du fort, titubant d’épuisement  sortent du fort au milieu des allemands impressionnés et silencieux. Le Kronprinz en personne recevra le Commandant Raynal et lui restituera symboliquement son sabre.
La dernière vague de la marée allemande viendra se briser au fort de Souville le 11 juillet. Le terrain et les forts perdus seront repris au cours de l’automne 1916.

L’effroyable massacre de la 1° guerre mondiale va hélas trouver un autre théâtre  avec l’offensive de la Somme qui fera encore plus de victimes dans les deux camps.

lundi 27 juin 2016

29 juin 1756 : Minorque prise aux Anglais


Albion avait commencé perfidement ce qui allait devenir la guerre de 7 ans, en attaquant sans déclaration de guerre les transports de troupe français vers le Canada et en saisissant les vaisseaux de commerce. Après avoir tenté de négocier, Louis XV décida de riposter en saisissant une possession anglaise en Méditerranée, l’île de Minorque.

L’expédition préparée en grand secret à Toulon permit, le 20 avril, le débarquement des troupes du duc de Richelieu, protégées par l’escadre de l’Amiral La Galissonière. L’amirauté anglaise confia à l’amiral Byng la tâche d’amener des renforts sur l’île et de détruire la flotte française pour empêcher le ravitaillement des troupes débarquées. Le 20 mai, l’escadre de Byng affronta celle de La Galissonière dans un engagement indécis où les pertes en hommes furent faibles et quelques vaisseaux endommagés de part et d’autre. Néanmoins Byng décida de se replier, laissant de fait la victoire aux Français. Après un mois de siège le fort Saint-Philippe, clé de la défense de Port-Mahon tomba et les défenseurs Anglais furent reconduits à Gilbratar sur des bâtiments français. Entretemps Byng avait été rappelé à Londres où la défaite avait provoqué une énorme émotion ; il fut jugé et condamné à mort pour « ne pas avoir fait l’impossible », ce qui fit dire à Voltaire dans Candide : « dans ce pays on juge bon de  tuer de temps en temps un amiral pour encourager les autres ». L’île ne resta française que pendant la durée de la guerre, restituée aux Anglais en 1763 en échange de  Belle-Île-en-Mer, que les Anglais avaient occupée en 1761. Néanmoins les Minorquais devaient garder un bon souvenir de la brève occupation française et un grand nombre d’entre eux émigrèrent en Algérie lors de la conquête française. Plus anecdotiquement une sauce servie au duc de Richelieu pendant le siège de Port-Mahon, revint en France sous le nom de Mahonnaise et devint la mayonnaise.

lundi 11 avril 2016


13 avril 1436 : Paris libéré !



En septembre 1435, Charles VII avait réussi à détacher le Duc de Bourgogne, Jean le Bon,  de l’Angleterre par le  traité d’Arras. La reconquête du royaume pouvait commencer. La prise de Paris constituait un enjeu économique majeur et surtout le symbole du rétablissement du pouvoir royal légitime. L’encerclement de la ville, gouvernée par 4 évêques aux ordres des  anglais appuyés par une garnison anglaise commença sous les ordres du connétable de Richemond, par le Nord, l’Est et l’Ouest, tandis qu’approchait par le sud ouest une armée royale guidée par Villiers de l’Isle Adam, passé au service de Charles VII après avoir défendu Paris  avec les Bourguignons contre Jeanne d’Arc  7 ans plus tôt. Le 13 avril au matin, les partisans du roi conduits par le prévôt des marchands Michel de Laillier déclenchèrent l’insurrection en bombardant les soldats de la garnison anglaise de toutes sortes de projectiles depuis les fenêtres et les toits. Harcelés, les anglais se regroupèrent dans le château de la Bastide Saint Antoine qui défendait la porte du même nom et qui deviendrait plus tard la Bastille. L’armée royale dans le même temps s’était fait ouvrir la porte Saint-Jacques et entrait dans Paris. Le 15 avril les anglais obtenaient la vie sauve s’ils quittaient Paris, ce qu’ils s’empressèrent de faire sous les quolibets de la foule. Même si l’anglais ne serait définitivement « bouté hors de France » que 14 ans plus tard, après la bataille de Castillon, Charles VII n’était plus le « roi de Bourges » ; il retrouvait la légitimité qui allait lui permettre la reconstruction du royaume.

samedi 5 mars 2016

7 mars 1936 : la remilitarisation de la Rhénanie libère l’expansionnisme nazi.




Une des clauses du traité de Versailles était l’occupation de la Rhénanie, puis, après le retrait des troupes d’occupation (1930), l’interdiction pour l’Allemagne d’y stationner des troupes ou des matériels de guerre, afin de créer une zone « tampon », interdisant une attaque éclair à l’ouest.  L’effort de réarmement allemand nécessitait la sécurisation du bassin de la Ruhr essentiel à la production de guerre. En 1935, les allemands avaient déjà enfreint une clause essentielle du traité de Versailles en rétablissant la conscription nécessaire à la reconstitution d’une armée offensive. La remilitarisation de la Rhénanie permettait ensuite de réactiver les usines d’armement de la Ruhr et redonnait à l’Allemagne tout son potentiel offensif à l’Ouest. En face, l’unité des alliés de 1918 s’était effritée puis rompue après l’invasion de l’Éthiopie par Mussolini, condamnée mais non sanctionnée, ce qui eut pour effet de rapprocher l’Italie de l’Allemagne. L’Angleterre, dont une partie de l’aristocratie était pro-nazie, à l’instar du roi Edouard VIII, fit comprendre à la France qu’elle ne participerait pas militairement à une attaque de l’Allemagne. Le gouvernement d’Albert Sarraut, faible par nature dans cette période d’instabilité politique était en outre en préparation des élections d’avril 1936 (qui allaient porter au pouvoir le front populaire) et redoutait les conséquences d’une intervention militaire. Il demanda néanmoins une mobilisation partielle. Le chef d’état major français était (hélas) le général Gamelin dont toute la conception stratégique était l’immobilisme défensif ; il n’avait préparé aucune intervention (alors que l’ambassadeur français à Berlin avait averti le gouvernement des projets d’Hitler et des généraux allemands) et il argumenta contre une offensive de réoccupation militaire.

Hitler et les généraux allemands avaient gagné ; ils purent réorganiser la rive gauche du Rhin en vue des offensives futures et lancer à plein régime les usines d’armement de la Ruhr. Surtout, ils eurent la confirmation de la faiblesse et de l’inertie des anciens alliés, qui allait se confirmer honteusement deux ans plus tard à Münich et permettre le déclenchement de l’apocalypse de la 2° guerre mondiale.